Sites Added in 2021

34 sites inscribed on the UNESCO World Heritage List in 2021.

These properties joined the UNESCO World Heritage List in 2021.

29 Cultural 5 Natural 0 Mixed 1 en péril

Africa 2

Gabon
Parc national de l’Ivindo
Gabon
Natural

SituĂ© sur l’équateur, dans le nord du Gabon, le site, essentiellement intact, s’étend sur prĂšs de 300 000 hectares traversĂ©s par un rĂ©seau de riviĂšres d’eau noire pittoresques. Il comprend des rapides et des chutes bordĂ©es par des forĂȘts humides intactes, ce qui en fait un paysage d’une grande valeur esthĂ©tique. Les habitats aquatiques abritent des espĂšces de poissons endĂ©miques, dont 13 espĂšces sont considĂ©rĂ©es comme menacĂ©es, au moins sept espĂšces d’herbes aquatiques Podostemaceae et, sans doute, une faune aquatique micro-endĂ©mique de chaque chute. De nombreuses espĂšces de poissons du bien ne sont pas encore dĂ©crites et certaines parties du site sont encore Ă  peine explorĂ©es. Le crocodile Ă  long museau (Mecistops cataphractus), en danger critique d’extinction, trouve refuge dans le parc national de l’Ivindo qui s’enorgueillit aussi de possĂ©der des forĂȘts climaciques uniques trĂšs anciennes Ă  Caesalpinioideae et de haute valeur pour la conservation, abritant, par exemple, une trĂšs grande diversitĂ© de papillons ainsi que des espĂšces menacĂ©es de mammifĂšres emblĂ©matiques et d’oiseaux comme l’élĂ©phant de forĂȘt (Loxodonta cyclotis) et le gorille de l’Ouest (Gorilla gorilla) En danger critique d’extinction, le chimpanzĂ© (Pan troglodytes) et le perroquet gris (Psittacus erithacus) En danger, ainsi que le picatharte du Cameroun (Picathartes oreas), le mandrill (Mandrillus sphinx), le lĂ©opard (Panthera pardus) et le chat dorĂ© (Caracal aurata) VulnĂ©rables, et trois espĂšces de pangolins (Manidae spp.).

Côte d'Ivoire
Mosquées de style soudanais du Nord ivoirien
CĂŽte d'Ivoire
Cultural

Les huit mosquĂ©es de style soudanais situĂ©es dans les localitĂ©s de TengrĂ©la, Kouto, Sorobango, Samatiguila, Nambira, Kong et Kaouara sont caractĂ©risĂ©es par une construction en terre, des charpentes en saillie, des contreforts verticaux couronnĂ©s de poteries ou d’Ɠufs d’Autruche, et par des minarets Ă©levĂ©s ou moins importants Ă  la forme d’une pyramide tronquĂ©e. Elles prĂ©sentent une interprĂ©tation d’un style architectural dont l’origine se situerait entre les XIIe et XIVe siĂšcles dans la ville de DjennĂ©, qui faisait alors partie de l’empire du Mali et dont la prospĂ©ritĂ© provenait du commerce de l’or et du sel, Ă  travers le Sahara vers l’Afrique du Nord. C’est surtout Ă  partir du XVe siĂšcle que ce style s’est rĂ©pandu vers le Sud, des rĂ©gions dĂ©sertiques Ă  la savane soudanaise, en adoptant des formes plus basses avec des contreforts plus solides, pour rĂ©pondre aux exigences d’un climat plus humide. Ces mosquĂ©es sont les mieux conservĂ©es sur les vingt qui ont subsistĂ© en CĂŽte d’Ivoire, sur plusieurs centaines qui existaient encore au dĂ©but du XXe siĂšcle. Le style soudanais qui caractĂ©rise ces mosquĂ©es et qui est propre Ă  la rĂ©gion de la savane de l’Afrique de l’Ouest, s’est dĂ©veloppĂ© entre les XIe et XIXe siĂšcles, lorsque les marchands et les Ă©rudits de l’islam se sont dispersĂ©s vers le Sud Ă  partir de l’empire du Mali, prolongeant les routes commerciales transsahariennes jusque dans la zone boisĂ©e. Les mosquĂ©es constituent non seulement des tĂ©moins matĂ©riels trĂšs importants du commerce transsaharien qui favorisa l’expansion de l’islam et de la culture islamique, mais aussi sont l’expression tangible de la fusion des de deux formes architecturales qui ont durĂ© dans le temps : celle islamique pratiquĂ©e par les arabo-berbĂšres et celle des communautĂ©s autochtones animistes.

Arab States 2

Jordanie
As-Salt – lieu de tolĂ©rance et d’hospitalitĂ© urbaine
Jordanie
Cultural

ÉdifiĂ©e sur trois collines rapprochĂ©es du haut plateau de Balqa, dans le centre-ouest de la Jordanie, la ville d’As-Salt assurait un lien commercial de premier plan entre le dĂ©sert oriental et l’ouest. Pendant les 60 derniĂšres annĂ©es de la domination ottomane, la rĂ©gion est devenue prospĂšre grĂące Ă  l’arrivĂ©e de marchands originaires de Naplouse, de Syrie et du Liban qui firent fortune dans le commerce, la banque et l’agriculture. Cette prospĂ©ritĂ© a attirĂ© des artisans qualifiĂ©s de diffĂ©rentes parties de la rĂ©gion qui ont transformĂ© le modeste Ă©tablissement rural en une ville prospĂšre au paysage urbain et Ă  l’architecture caractĂ©risĂ©e par de grands Ă©difices publics et des demeures familiales construites en pierre calcaire jaune locale. Le cƓur urbain de la ville comprend environ 650 bĂątiments historiques importants tĂ©moignant d’un mĂ©lange des styles Art nouveau europĂ©en et nĂ©ocolonial associĂ©s Ă  des traditions locales. Le dĂ©veloppement non sĂ©grĂ©guĂ© de la ville tĂ©moigne de la tolĂ©rance entre musulmans et chrĂ©tiens, qui ont dĂ©veloppĂ© des traditions d’hospitalitĂ© dont tĂ©moignent les madafas (maisons d’hĂŽtes, Ă©galement appelĂ©es dawaween) et le systĂšme de protection sociale, Takaful Ijtimai'. Ces aspects matĂ©riels et immatĂ©riels sont nĂ©s de la fusion des traditions rurales et des pratiques des marchands et commerçants bourgeois pendant l’« Ăąge d’or » du dĂ©veloppement d’As-Salt, entre les annĂ©es 1860 et 1920.

Asia and the Pacific 9

Japon
Île Amami-Oshima, üle Tokunoshima, partie nord de l’üle d’Okinawa et üle d’Iriomote
Japon
Natural

Couvrant 42 698 ha de forĂȘts pluviales subtropicales sur quatre Ăźles d’un archipel situĂ© au sud-ouest du Japon, ce site en sĂ©rie forme un arc Ă  la limite entre la mer de Chine orientale et la mer des Philippines. Le mont Yuwandake, sur l’üle Amami-Oshima, constitue son point culminant et s’élĂšve Ă  694 m au-dessus du niveau de la mer. L’homme est totalement absent du site, lequel prĂ©sente une grande valeur de biodiversitĂ© avec une proportion trĂšs Ă©levĂ©e d’espĂšces endĂ©miques, dont beaucoup sont menacĂ©es au niveau mondial. Parmi ces espĂšces endĂ©miques, on trouve notamment des plantes, des mammifĂšres, des oiseaux, des reptiles, des amphibiens, des poissons d’eaux douces et des crustacĂ©s dĂ©capodes et notamment, des espĂšces menacĂ©es comme le lapin des Ăźles Amami (Pentalagus furnessi) et le rat Ă  poils longs de Ryukyu (Diplothrix legata), qui reprĂ©sentent d’anciennes lignĂ©es et n’ont aucun parent vivant dans le monde. Cinq espĂšces de mammifĂšres, trois espĂšces d’oiseaux et trois espĂšces d’amphibiens vivant au sein du bien ont Ă©tĂ© identifiĂ©es Ă  l’échelon mondial comme des espĂšces EDGE (Evolutionarily Distinct and Globally Endangered), des espĂšces en danger qui n’ont pas ou n’ont que peu de parents proches. Plusieurs espĂšces endĂ©miques sont aussi infĂ©odĂ©es Ă  certaines Ăźles du bien.

Iran (République islamique d')
Paysage culturel de Hawraman/Uramanat
Iran (République islamique d')
Cultural

Le paysage isolĂ© et montagneux de Hawraman/Uramanat tĂ©moigne de la culture traditionnelle de la population hawrami, une tribu agropastorale kurde vivant dans cette rĂ©gion depuis 3000 AEC. Le bien, situĂ© au cƓur des monts Zagros dans les provinces du Kurdistan et de Kermanshah le long de la frontiĂšre occidentale de l’Iran, est composĂ© de deux Ă©lĂ©ments : la vallĂ©e centrale et orientale (Zhaverud et Takht, dans la province du Kurdistan) et la vallĂ©e occidentale (Lahun, dans la province de Kermanshah). Le modĂšle d’habitat humain dans ces deux vallĂ©es a Ă©tĂ© adaptĂ© Ă  un rude environnement montagneux au fil des millĂ©naires. L’amĂ©nagement et l’architecture Ă©tagĂ©s des pentes abruptes, l’horticulture sur des terrasses en pierre sĂšche, l’élevage et la migration verticale saisonniĂšre comptent parmi les caractĂ©ristiques distinctives de la vie et de la culture locales des Hawrami, qui vivent dans les vallĂ©es et les hautes terres au cours des diffĂ©rentes saisons chaque annĂ©e. Leur prĂ©sence ininterrompue au sein du paysage, qui est Ă©galement caractĂ©risĂ© par une biodiversitĂ© et un endĂ©misme exceptionnel, s’exprime dans les outils de pierre, grottes et abris rocheux, tertres, vestiges de sites d’habitats permanents et temporaires, ainsi que les ateliers, les sites funĂ©raires, les chemins, les villages, les chĂąteaux, etc. Les 12 villages inclus dans le bien illustrent l’évolution des rĂ©ponses du peuple hawrami Ă  la raretĂ© des terres productives dans leur environnement montagneux au cours des millĂ©naires.

Inde
Dholavira : une cité harappéenne
Inde
Cultural

L’ancienne citĂ© de Dholavira, le centre mĂ©ridional de la civilisation harappĂ©enne, est situĂ©e sur l’üle aride de Khadir dans l’État du Gujarat. OccupĂ© entre 3000 et 1500 AEC environ, ce site archĂ©ologique, l’un des Ă©tablissements urbains de cette pĂ©riode les mieux conservĂ©s en Asie du Sud-Est, comprend une citĂ© fortifiĂ©e et un cimetiĂšre. StratĂ©giquement situĂ©e entre deux ruisseaux saisonniers pour en capter l’eau rare, la citĂ© fortifiĂ©e comprend un chĂąteau entourĂ© de puissantes fortifications, le centre cĂ©rĂ©moniel, ainsi que des rues et des maisons de tailles diffĂ©rentes qui dĂ©peignent un ordre social hiĂ©rarchisĂ©. Un systĂšme Ă©laborĂ© de gestion de l’eau tĂ©moigne de l’ingĂ©niositĂ© et de la lutte des habitants de Dholavira pour survivre et prospĂ©rer dans des conditions difficiles. Le site comprend un grand cimetiĂšre avec des cĂ©notaphes de six types qui tĂ©moignent de la vision unique qu’avaient les HarappĂ©ens de la mort. Des ateliers travaillant la perle et des artefacts en divers matĂ©riaux tels que le cuivre, les coquillages, les pierres, les bijoux en pierres semi-prĂ©cieuses, la terre cuite, l’or et l’ivoire, entre autres, ont Ă©tĂ© mis au jour lors de fouilles archĂ©ologiques du site, tĂ©moignant des rĂ©alisations artistiques et technologiques propres Ă  cette culture. Des traces d’échanges commerciaux avec d’autres villes harappĂ©ennes ainsi que des villes de la rĂ©gion mĂ©sopotamienne et de la pĂ©ninsule d’Oman ont Ă©galement Ă©tĂ© dĂ©couvertes.

République de Corée
Getbol, étendues cotidales coréennes
République de Corée
Natural

Le bien comprend six Ă©lĂ©ments constitutifs situĂ©s sur les cĂŽtes sud-ouest, sud et ouest de la RĂ©publique de CorĂ©e, sur le littoral oriental de la mer Jaune. Inscrit en 2021 et Ă©tendu en 2026, il englobe un systĂšme diversifiĂ© d’écosystĂšmes d’étendues cotidales, comprenant des Ă©tendues cotidales estuariennes, littorales ouvertes, archipĂ©lagiques et semi-fermĂ©es, façonnĂ©es par une combinaison complexe de facteurs gĂ©ologiques, ocĂ©anographiques et climatiques. Ces zones humides cĂŽtiĂšres hautement productives abritent une biodiversitĂ© exceptionnelle, avec 2 454 espĂšces vĂ©gĂ©tales et animales recensĂ©es, dont une remarquable diversitĂ© d’invertĂ©brĂ©s des Ă©tendues cotidales et 53 espĂšces endĂ©miques de la mer Jaune. SituĂ© au cƓur de la voie de migration Asie de l'Est-Australasie (EAAF), le bien fournit des habitats essentiels de nourrissage, de reproduction et de halte migratoire pour les oiseaux d’eau migrateurs. Il abrite 216 espĂšces d’oiseaux, dont 24 espĂšces menacĂ©es au plan mondial, ainsi que d’importantes populations d’espĂšces telles que le bĂ©casseau spatule, le courlis de SibĂ©rie et la petite spatule. Le bien accueille Ă©galement 114 espĂšces de poissons, deux espĂšces de mammifĂšres marins et des communautĂ©s diversifiĂ©es de diatomĂ©es benthiques, de macroalgues, d’halophytes et de macrobenthos.

Thaïlande
Complexe des forĂȘts de Kaeng Krachan
ThaĂŻlande
Natural

Le site est situĂ© le long de la partie thaĂŻlandaise de la chaĂźne Tenasserim, un ensemble de montagnes de granite et de calcaire qui s'Ă©tend sur un axe nord-sud jusqu'Ă  la pĂ©ninsule malaise. Lieu de croisement de la faune et de la flore, le bien abrite une riche biodiversitĂ© et est principalement composĂ© de forĂȘts semi-sempervirentes, sempervirentes et humides sempervirentes, ainsi que de forĂȘts de feuillus mixtes, de montagne et de diptĂ©rocarpes feuillus. Un certain nombre d'espĂšces de plantes et d'animaux sauvages endĂ©miques et menacĂ©es Ă  l'Ă©chelle mondiale ont Ă©tĂ© recensĂ©es sur le site qui recoupe deux Zones importantes pour la conservation des oiseaux (ZICO) et qui est connu pour la richesse de la diversitĂ© de ses oiseaux, y compris huit espĂšces de faune menacĂ©es Ă  l'Ă©chelle mondiale. En outre, le bien abrite le crocodile du Siam (Crocodylus siamensis), en danger critique, le dhole (Cuon alpinus), menacĂ© Ă  l'Ă©chelle mondiale, le banteng (Bos javanicus), l'Ă©lĂ©phant d'Asie (Elephas maximus), la tortue Ă  tĂȘte jaune (Indotestudo elongata) et la tortue gĂ©ante (Manouria emys), menacĂ©e d'extinction ainsi que d'autres espĂšces vulnĂ©rables d'oiseaux et de mammifĂšres. Ce site remarquable abrite aussi huit espĂšces de fĂ©lins : le tigre (Panthera tigris) et le chat viverrin (Prionailurus viverrinus), tous deux en danger ; le lĂ©opard (Panthera pardus) et le chat de Temminck (Catopuma temminckii), quasi menacĂ©s ; la panthĂšre nĂ©buleuse (Neofelis nebulosi) et le chat marbrĂ© (Pardofelis marmorata), espĂšces vulnĂ©rables ; et le chaus (Felis chaus) et le chat-lĂ©opard (Prionailurus bengalensis), les moins concernĂ©s.

Inde
Temple de Kakatiya Rudreshwara (Ramappa), Telangana
Inde
Cultural

Rudreshwara, communĂ©ment appelĂ© temple Ramappa, est situĂ© dans le village de Palampet, Ă  environ 200 km au nord-est d’Hyderabad, dans l’État du Telangana. Il s’agit du principal temple de Shiva Ă  l’intĂ©rieur d’un grand ensemble fortifiĂ© construit durant la pĂ©riode kakatiya (1123-1323) sous la direction des chefs Rudradeva et Recharla Rudra. La construction de ce temple en grĂšs a commencĂ© en 1213 et aurait durĂ© pendant une quarantaine d’annĂ©es. L’édifice comprend des poutres dĂ©corĂ©es, des piliers de granit et de dolĂ©rite sculptĂ©s et est dotĂ© d’un Vimana pyramidal original (tour surmontant le temple) construit en briques poreuses lĂ©gĂšres, aussi appelĂ©es « briques flottantes », qui rĂ©duisent le poids des structures du toit. Les sculptures du temple, de grande qualitĂ© artistique, illustrent les coutumes de danses rĂ©gionales et la culture des Kakatiya. SituĂ© au pied d’une zone forestiĂšre et au milieu de terrains agricoles, Ă  proximitĂ© des rives du lac Ramappa Cheruvu, un rĂ©servoir d’eau construit sous la dynastie des Kakatiya, ce lieu fut choisi selon l’idĂ©ologie et les pratiques prescrites dans les textes dharmiques selon lesquelles les temples doivent ĂȘtre construits afin de s’intĂ©grer pleinement dans un cadre naturel incluant des collines, des forĂȘts, des sources, des ruisseaux, des lacs, des bassins versants et des terres agricoles.

Europe and North America 17

Türkiye
Tell d’Arslantepe
TĂŒrkiye
Cultural

Le tell d’Arslantepe est un tell archĂ©ologique de 30 m de hauteur situĂ© dans la plaine de Malatya, Ă  15 km au sud-ouest de l’Euphrate. Les donnĂ©es archĂ©ologiques du site tĂ©moignent de son occupation depuis au moins le VIe millĂ©naire avant notre Ăšre jusqu’à la fin de la pĂ©riode mĂ©diĂ©vale. Les premiĂšres strates appartiennent Ă  la fin du Chalcolithique 1-2 pĂ©riodes, contemporaines au dĂ©but d'Uruk dans le sud de la MĂ©sopotamie (4300-3900 avant notre Ăšre) et sont caractĂ©risĂ©es par des maisons en adobe. La pĂ©riode la plus importante et la plus florissante du site se situe Ă  la fin du Chalcolithique 5, au cours de laquelle a Ă©tĂ© construit ce qu’il est convenu d’appeler le complexe palatial. Un grand nombre de vestiges tĂ©moignent Ă©galement des pĂ©riodes du dĂ©but de l’ñge du bronze, dont les plus notables ont Ă©tĂ© identifiĂ©s en tant que complexe de la tombe royale. La stratigraphie archĂ©ologique s’étend ensuite aux pĂ©riodes du bronze moyen et tardif et hittite, incluant des strates nĂ©o-hittites. Ce site illustre les processus complexes qui ont conduit Ă  l’émergence de la sociĂ©tĂ© Ă©tatique au Proche-Orient et d’une administration sophistiquĂ©e avant l’apparition de l’écriture. Des objets mĂ©talliques et des armes exceptionnels ont Ă©tĂ© mis au jour sur le site, parmi lesquels les premiĂšres Ă©pĂ©es connues Ă  ce jour dans le monde, ce qui suggĂšre les prĂ©mices de formes de combat organisĂ© en tant qu’apanage d’une Ă©lite qui -Ă  Arslantepe- exposait ces Ă©pĂ©es comme des instruments de son nouveau pouvoir politique.

Géorgie
ForĂȘts pluviales et zones humides de Colchide
Géorgie
Natural

Le bien comprend sept Ă©lĂ©ments constitutifs dans un corridor de 80 km de long bordant le littoral oriental tempĂ©rĂ© chaud et extrĂȘmement humide de la mer Noire. Ces Ă©lĂ©ments constituent une sĂ©rie altitudinale quasi complĂšte des Ă©cosystĂšmes les plus typiques de la Colchide, du niveau de la mer Ă  plus de 2 500 m d’altitude. Les principaux Ă©cosystĂšmes sont des forĂȘts pluviales anciennes et dĂ©cidues de Colchide et des zones humides, des tourbiĂšres de percolation et autres types de milieux tourbeux de la rĂ©gion de Colchide. Les forĂȘts pluviales de feuillus, trĂšs humides, abritent une flore et une faune extrĂȘmement diverses et prĂ©sentent de trĂšs fortes densitĂ©s d’espĂšces endĂ©miques et reliques, notamment un nombre important d’espĂšces menacĂ©es au plan mondial et d’espĂšces reliques ayant survĂ©cu aux cycles glaciaires du Tertiaire. Le bien abrite environ 1 100 espĂšces de plantes vasculaires et non vasculaires, dont 44 espĂšces de plantes non vasculaires menacĂ©es, ainsi que prĂšs de 500 espĂšces de vertĂ©brĂ©s et un grand nombre d’espĂšces d’invertĂ©brĂ©s. Le site constitue Ă©galement l’habitat de 19 espĂšces animales menacĂ©es, notamment l’esturgeon, et en particulier l’esturgeon du Danube, en danger critique. Il s’agit d’un site d’étape clĂ© pour de nombreux oiseaux menacĂ©s au plan mondial qui migrent Ă  travers le goulot d’étranglement de Batumi.

Belgique,Pays-Bas (Royaume des)
Colonies de bienfaisance
Belgique,Pays-Bas (Royaume des)
Cultural Transfrontalier

Ce site transnational en sĂ©rie est une expĂ©rience en matiĂšre de rĂ©forme sociale inspirĂ©e des LumiĂšres. Ces paysages culturels illustrent un modĂšle innovant et trĂšs influent du XIXe siĂšcle de rĂ©duction de la misĂšre ainsi qu’un phĂ©nomĂšne de colonie de peuplement, connu aujourd'hui sous le nom de colonie agricole domestique. Le bien comprend quatre Colonies de bienfaisance en trois Ă©lĂ©ments constitutifs : Frederiksoord-Wilhelminaoord et Veenhuizen aux Pays-Bas, et Wortel en Belgique. Ils tĂ©moignent d’une expĂ©rience de rĂ©forme sociale menĂ©e au XIXe siĂšcle, qui visait Ă  rĂ©duire la pauvretĂ© urbaine en Ă©tablissant des colonies agricoles dans des endroits reculĂ©s. FondĂ©e en 1818, Frederiksoord (Pays-Bas) est la plus ancienne de ces colonies et abrite le siĂšge initial de la SociĂ©tĂ© de Bienfaisance, association qui visait Ă  rĂ©duire la pauvretĂ© au niveau national. Les autres Ă©lĂ©ments ont Ă©tĂ© construits entre 1820 et 1823. À Frederiksoord-Wilhelminaoord, de petites fermes le long d'avenues plantĂ©es ont Ă©tĂ© construites pour les familles et cette colonie Ă©tait qualifiĂ©e de « libre ». Wortel est une colonie hybride, d'abord construite pour les familles et appelĂ©e « libre », puis habitĂ©e par des mendiants et des vagabonds et cataloguĂ©e comme « forcĂ©e ». À Veenhuizen, de grandes structures de dortoirs et de grandes fermes centralisĂ©es le long d'avenues plantĂ©es ont Ă©tĂ© construites pour les orphelins, les mendiants et les vagabonds qui travaillaient sous la surveillance de gardiens. Cette colonie Ă©tait appelĂ©e « forcĂ©e ». Chaque Ă©lĂ©ment constitutif a un caractĂšre spatial distinctif, liĂ© au groupe cible pour lequel il a Ă©tĂ© construit, et une organisation spĂ©cifique du travail, avec soit des exploitations familiales soit des institutions avec des fermes de travail pour des groupes d'individus. Les colonies Ă©taient conçues comme des Ă©tablissements panoptiques selon un maillage orthogonal. On y trouve des Ă©difices rĂ©sidentiels, des fermes, des Ă©glises et d’autres Ă©quipements collectifs. Au plus fort de leur activitĂ© au milieu de XIXe siĂšcle, plus de 11 000 personnes vivaient dans les colonies nĂ©erlandaises. En Belgique, le pic s’est Ă©tabli en 1910 avec 6 000 rĂ©sidents.

France
Le phare de Cordouan
France
Cultural

Le phare de Cordouan s’élĂšve sur un plateau rocheux peu profond de l’ocĂ©an Atlantique situĂ© Ă  l’embouchure de l’estuaire de la Gironde en rĂ©gion Nouvelle-Aquitaine, dans un environnement dangereux et inhospitalier. Construit avec des blocs de calcaire blanc entre la fin du XVIe siĂšcle et le dĂ©but du XVIIe siĂšcle, il fut conçu par l’ingĂ©nieur Louis de Foix et remaniĂ© par l’ingĂ©nieur TeulĂšre Ă  la fin du XVIIIe siĂšcle. Chef-d’Ɠuvre de la signalisation maritime, la tour monumentale de Cordouan est dĂ©corĂ©e de pilastres, de colonnes, de modillons et de gargouilles. Il reprĂ©sente les grandes phases de l’histoire architecturale et technologique des phares et fut construit avec l’ambition de perpĂ©tuer la tradition des phares cĂ©lĂšbres de l’AntiquitĂ©, tĂ©moignant de l’art de la construction des phares pendant une pĂ©riode de dĂ©veloppement de la navigation, quand les phares avaient un rĂŽle important en tant que marqueurs territoriaux et dispositifs de sĂ©curitĂ©. Enfin, son exhaussement Ă  la fin du XVIIIe siĂšcle et les modifications apportĂ©es Ă  sa lanterne tĂ©moignent des avancĂ©es scientifiques et technologiques de l’époque. Ses formes architecturales se sont inspirĂ©es des modĂšles antiques, du maniĂ©risme de la Renaissance et du langage architectural spĂ©cifique de l’institut de formation d'ingĂ©nieurs français, l’École des ponts et chaussĂ©es.

Allemagne
La Mathildenhöhe à Darmstadt
Allemagne
Cultural

La colonie d’artistes de Darmstadt, situĂ©e dans la Mathildenhöhe, point culminant de la ville de Darmstadt, dans le centre-ouest de l’Allemagne, fut fondĂ©e en 1897 par le grand-duc de Hesse, Ernst Ludwig, en tant que centre des nouveaux mouvements rĂ©formistes alors Ă©mergents dans les domaines de l’architecture, des arts et de l’artisanat. Les bĂątiments de la colonie sont l’Ɠuvre des artistes qui en furent les membres, servant de cadres de vie et de travail expĂ©rimentaux du dĂ©but du modernisme. La colonie s’est agrandie au cours des expositions internationales successives de 1901, 1904, 1908 et 1914. Aujourd’hui, elle offre un tĂ©moignage des dĂ©buts de l’architecture, de l’urbanisme et de l’amĂ©nagement paysager modernes, tous inspirĂ©s par le mouvement Arts and Crafts et la SĂ©cession viennoise. Le bien en sĂ©rie comprend 23 composantes, dont la Tour matrimoniale (1908), le hall d’exposition (1908), le bosquet de platanes (1833, 1904-14), la chapelle russe Sainte-Marie-Madeleine (1897-99), le bassin du Lys, le mĂ©morial de Gottfried Schwab (1905), la pergola et le jardin (1914), le pavillon de jardin « Temple du Cygne » (1914), la fontaine Ernst Ludwig, ainsi que les 13 maisons et ateliers d’artistes qui furent construits pour la colonie d’artistes de Darmstadt et pour les expositions internationales. Un groupe de trois maisons construites pour l’exposition de 1904 constitue une composante supplĂ©mentaire.

France
Nice, la ville de la villĂ©giature d’hiver de riviera
France
Cultural

Nice, situĂ©e sur la MĂ©diterranĂ©e, au pied des Alpes prĂšs de la frontiĂšre italienne, en rĂ©gion Provence-Alpes-CĂŽte d’Azur, tĂ©moigne de l’évolution d’une ville consacrĂ©e Ă  la villĂ©giature climatique hivernale, tirant parti de la douceur du climat et de sa situation de riviera, entre mer et montagnes. À partir du milieu du XVIIIe siĂšcle, le site attira de plus en plus de familles aristocratiques et de la haute sociĂ©tĂ©, principalement britanniques, qui prirent l’habitude d’y passer leurs hivers. En 1832, Nice, appartenant alors au royaume de PiĂ©mont-Sardaigne, mit en place le « Consiglio d’Ornato », qui Ă©labora un plan rĂ©gulateur et des prescriptions architecturales visant Ă  rendre la ville attrayante pour les Ă©trangers. C’est ainsi que, le « Camin dei Ingles », modeste chemin qui avait Ă©tĂ© créé en 1824 par les hivernants britanniques le long du rivage, devint par la suite la prestigieuse Promenade des Anglais. AprĂšs que la ville fut cĂ©dĂ©e Ă  la France en 1860, et grĂące Ă  son raccordement au rĂ©seau ferrĂ© europĂ©en, un nombre croissant d’hivernants de tous les pays, a affluĂ© dans la ville, menant ainsi aux phases successives d’amĂ©nagement de nouveaux quartiers au-delĂ  de la vieille ville mĂ©diĂ©vale. Les influences culturelles diverses exercĂ©es par les hivernants et le dĂ©sir de tirer le meilleur parti des conditions climatiques et du paysage de riviera, ont façonnĂ© l’urbanisme et les styles architecturaux Ă©clectiques de ces quartiers, contribuant Ă  la renommĂ©e de Nice en tant que ville cosmopolite de villĂ©giature d’hiver.

Espagne
Paseo del Prado et Buen Retiro, un paysage des arts et des sciences
Espagne
Cultural

Situé au cƓur de la ville de Madrid, ce paysage culturel a évolué depuis la création, au XVIe siècle, de l’avenue bordée d’arbres du Paseo del Prado, prototype de l’alameda hispanique. L’avenue comprend de grandes fontaines, notamment la Fuente de Apolo, la Fuente de Neptuno, et la Fuente de Cibeles, symbole emblématique de la ville, entourée d’édifices prestigieux. Ce site incarne une nouvelle conception de l’espace urbain et un modèle d’urbanisme remontant à la période de l’absolutisme éclairé du XVIIIe siècle. Les édifices dédiés aux arts et aux sciences se joignent à d’autres, consacrés à l’industrie, aux soins de santé et à la recherche. Tous illustrent collectivement l’aspiration à une société utopique durant l’apogée de l’Empire espagnole liĂ© aux idĂ©es des LumiĂšres de democratisation du savoir et a exercĂ© une influence notable en AmĂ©rique latine. Les Jardines del Buen Retiro (Jardins de la Bonne Retraite) couvrant 120 ha, vestige du palais du Buen Retiro du XVIIe siècle, constituent la plus grande partie du bien. Le site abrite également le Jardin botanique royal en terrasses et le quartier essentiellement résidentiel de Barrio Jerónimos, qui présente une grande variété d’édifices des XIXe et XXe siècles, notamment des lieux culturels et scientifiques.

Fédération de Russie
Pétroglyphes du lac Onega et de la mer Blanche
Fédération de Russie
Cultural

Le site contient 4 500 pĂ©troglyphes gravĂ©s dans des rochers au cours de la pĂ©riode nĂ©olithique, datĂ©s d’il y a environ 6 000 Ă  7 000 ans et situĂ©s en RĂ©publique de CarĂ©lie, en FĂ©dĂ©ration de Russie. C’est l’un des plus grands sites de ce type en Europe avec des pĂ©troglyphes qui documentent la culture nĂ©olithique en Fennoscandie. Le bien en sĂ©rie comprend 33 panneaux d’art rupestre prĂ©sentĂ©s en deux Ă©lĂ©ments constitutifs distants de 300 km : 22 groupes de pĂ©troglyphes du lac Onega dans le district Pudozhsky avec un total de plus de 1 200 figures et 11 groupes rĂ©unissant 3 411 gravures au bord de la mer Blanche dans le district de Belomorsk. Les images d’art rupestre du lac Onega reprĂ©sentent principalement des oiseaux, des animaux, des figures mi-humaines et mi-animales ainsi que des formes gĂ©omĂ©triques qui peuvent ĂȘtre des symboles de la lune et du soleil. Les pĂ©troglyphes de la mer Blanche sont principalement composĂ©s de gravures reprĂ©sentant des scĂšnes de chasse et de navigation, y compris les Ă©quipements associĂ©s, ainsi que des empreintes animales et humaines. Ces pĂ©troglyphes tĂ©moignent des qualitĂ©s artistiques importantes et de la crĂ©ativitĂ© Ă  l’ñge de pierre. Les pĂ©troglyphes sont associĂ©s Ă  des sites qui comprennent des colonies et des champs funĂ©raires.

Roumanie
Paysage minier de RosÌŠia Montană
Roumanie
Cultural In Danger

SituĂ© dans les monts Apuseni au sein de la chaĂźne des monts MĂ©tallifĂšres, dans l’ouest de la Roumanie, Roșia Montană constitue le complexe d’exploitation de mine d’or souterraine romaine le plus important, le plus vaste et le plus diversifiĂ© sur le plan technique actuellement connu au moment de l’inscription. Ce site connu sous le nom d’Alburnus Maior Ă©tait une mine d’or importante sous l’Empire romain. Pendant plus de 166 ans, dĂšs 106 apr. J.-C., les Romains ont extrait quelque 500 tonnes d’or au sein du site, avec des ouvrages d’une haute technicitĂ©, diffĂ©rents types de galeries s’étendant sur 7 km et plusieurs roues Ă  eau dans quatre sites souterrains choisis pour leur concentration en minerais Ă  haute teneur. Des tablettes d’écritures en bois enduites de cire ont fourni des informations juridiques, socio-Ă©conomiques, dĂ©mographiques et linguistiques dĂ©taillĂ©es sur les activitĂ©s miniĂšres romaines Ă  Alburnus Maior, mais aussi dans toute la province de Dacie. Ce site illustre une fusion entre la technologie miniĂšre romaine importĂ©e et les techniques dĂ©veloppĂ©es localement, ailleurs inconnues Ă  une Ă©poque aussi reculĂ©e. L’exploitation miniĂšre du site a Ă©galement Ă©tĂ© pratiquĂ©e dans une moindre mesure entre l’époque mĂ©diĂ©vale et l’ùre moderne. Ces lieux d’extraction plus tardifs ont Ă©tĂ© localisĂ©s autour et au travers des galeries romaines. L’ensemble s’inscrit dans un paysage agropastoral qui tĂ©moigne en grande partie de la structure des populations qui ont exploitĂ© les mines en activitĂ© entre le XVIIIe siĂšcle et le dĂ©but du XXe siĂšcle.

Allemagne,Autriche,Belgique,France,Italie,Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d'Irlande du Nord,Tchéquie
Les grandes villes d’eaux d’Europe
Allemagne,Autriche,Belgique,France,Italie,Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d'Irlande du Nord,Tchéquie
Cultural Transfrontalier

Ce bien en sĂ©rie transnational comprend onze villes d’eaux situĂ©es dans sept pays europĂ©ens : Bad Ems ; Baden-Baden ; Bad Kissingen (Allemagne) ; Baden bei Wien (Autriche) ; Spa (Belgique) ; Vichy (France) ; Montecatini Terme (Italie) ; Ville de Bath (Royaume-Uni) ; Františkovy Lázně ; Karlovy Vary ; et MariĂąnskĂ© LĂąznĂ« (TchĂ©quie). Toutes ces villes se sont dĂ©veloppĂ©es autour de sources d’eau minĂ©rale naturelles. Elles tĂ©moignent de la culture thermale europĂ©enne internationale qui s’est dĂ©veloppĂ©e du dĂ©but du XVIIIe siĂšcle aux annĂ©es 1930, conduisant Ă  l’émergence de grandes stations internationales qui ont influencĂ© la typologie urbaine autour d’ensembles de bĂątiments thermaux tels que des bains, des kurhaus et des kursaal (bĂątiments et salles dĂ©diĂ©s Ă  la cure), des salles de pompage, des halls des sources, des colonnades et des galeries, conçues pour exploiter les ressources naturelles en eau minĂ©rale et les utiliser pour les bains et les cures d’eau thermale. Les Ă©quipements comprennent des jardins, des salons de rĂ©union, des casinos, des théùtres, des hĂŽtels et villas, ainsi que des infrastructures de soutien spĂ©cifiques aux stations thermales. Ces ensembles sont tous intĂ©grĂ©s dans un contexte urbain global caractĂ©risĂ© par un environnement thĂ©rapeutique et rĂ©crĂ©atif soigneusement gĂ©rĂ© dans un paysage pittoresque. Ces sites tĂ©moignent collectivement de l’échange d’idĂ©es et d’influences dans le cadre du dĂ©veloppement de la mĂ©decine, des sciences et de la balnĂ©othĂ©rapie.

Italie
Les portiques de Bologne
Italie
Cultural

Le bien en sĂ©rie comprend douze Ă©lĂ©ments constitutifs composĂ©s d’ensembles de portiques et de leurs zones bĂąties adjacentes, situĂ©s au sein de la municipalitĂ© de Bologne, couvrant une pĂ©riode allant du XIIe siĂšcle Ă  nos jours. Sur la longueur totale de 62 km de portiques que compte la ville, ces ensembles de portiques sont considĂ©rĂ©s comme les plus reprĂ©sentatifs. Certains de ces portiques sont en bois, en pierre ou en brique, voire en bĂ©ton armĂ©, et couvrent des rues, des places, des passages et des voies piĂ©tonnes, bordant un cĂŽtĂ© ou les deux cĂŽtĂ©s d’une rue. Le bien comprend des Ă©difices Ă  portiques qui ne s’inscrivent pas dans le prolongement structurel d’autres bĂątiments, et ne font donc pas partie d’une voie piĂ©tonne ou d’un passage couvert complet. Les portiques sont apprĂ©ciĂ©s pour leurs fonctions d’abri contre les intempĂ©ries et de lieux privilĂ©giĂ©s pour les activitĂ©s marchandes. Au XXe siĂšcle, l’utilisation du bĂ©ton a permis de remplacer les arcades voĂ»tĂ©es traditionnelles des portiques par de nouvelles possibilitĂ©s de construction et un nouveau langage architectural a Ă©mergĂ©, comme en tĂ©moigne le quartier de Barca. Les portiques sĂ©lectionnĂ©s reflĂštent diffĂ©rentes typologies, fonctions urbaines et sociales et phases chronologiques. DĂ©finis comme propriĂ©tĂ© privĂ©e Ă  usage public, les portiques sont devenus une expression et un Ă©lĂ©ment de l’identitĂ© urbaine de Bologne.

Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d'Irlande du Nord
Le paysage d’ardoise du nord-ouest du pays de Galles
Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d'Irlande du Nord
Cultural

Le paysage d’ardoise du nord-ouest du pays de Galles illustre la transformation que l’extraction industrielle de l’ardoise a entraĂźnĂ©e dans l’environnement rural traditionnel des montagnes et vallĂ©es du massif Snowdon. Ce territoire, qui s’étend du sommet des montagnes au littoral, prĂ©sentait des atouts qui ont Ă©tĂ© exploitĂ©s et des contraintes qui ont Ă©tĂ© surmontĂ©es par l’industrialisation Ă  grande Ă©chelle entreprise par des propriĂ©taires terriens et des investisseurs, qui ont remodelĂ© le paysage agricole en un centre industriel de production ardoisiĂšre pendant la rĂ©volution industrielle (1780-1914). Le bien en sĂ©rie est composĂ© de six Ă©lĂ©ments comprenant chacun des carriĂšres et des mines reliques, des sites archĂ©ologiques liĂ©s au traitement industriel de l’ardoise, des Ă©tablissements historiques, vivants et reliques, des jardins et des palais historiques, des ports et des quais, ainsi que des rĂ©seaux ferroviaires et routiers illustrant les liens fonctionnels et sociaux du paysage industriel d’ardoise relique. Ce bien revĂȘtait une importance internationale en matiĂšre d’exportation d’ardoises, mais aussi sur le plan de la technologie et de la qualification ouvriĂšre, et ce, des annĂ©es 1780 au dĂ©but du XXe siĂšcle. Il a jouĂ© un rĂŽle de premier plan dans ce domaine et a constituĂ© un modĂšle pour d’autres carriĂšres d’ardoise Ă  travers le monde. Il offre un exemple important et remarquable d’échange de matĂ©riaux, de technologies et d’influences.

Slovénie
Les Ɠuvres de JoĆŸe Plečnik Ă  Ljubljana – une conception urbaine centrĂ©e sur l’humain
Slovénie
Cultural

Les Ɠuvres de JoĆŸe Plečnik, rĂ©alisĂ©es Ă  Ljubljana entre la PremiĂšre et la Seconde Guerre mondiale, tĂ©moignent d’une conception urbaine centrĂ©e sur l’humain ayant successivement modifiĂ© l’identitĂ© de la ville prĂ©existante Ă  la suite de l’effondrement de l’Empire austro-hongrois, quand Ljubljana est passĂ©e du statut de ville provinciale Ă  celui de capitale nationale symbolique pour le peuple slovĂšne. L’architecte JoĆŸe Plečnik a contribuĂ© Ă  cette transformation par sa vision personnelle et profondĂ©ment humaine de la ville, basĂ©e sur un dialogue architectural avec la ville plus ancienne tout en rĂ©pondant aux besoins de la sociĂ©tĂ© moderne Ă©mergente du XXe siĂšcle. Ce bien est composĂ© d’une sĂ©rie d’espaces publics (places, parcs, rues, promenades, ponts) et d’institutions publiques (bibliothĂšque nationale, Ă©glises, marchĂ©s, ensemble funĂ©raire) qui furent subtilement intĂ©grĂ©s dans le contexte urbain, naturel et culturel prĂ©existant, et ont contribuĂ© Ă  la nouvelle identitĂ© de la ville. Cette approche urbanistique Ă  Ă©chelle humaine et fortement liĂ©e au contexte ainsi que le langage architectural particulier de Plečnik sont considĂ©rĂ©s comme se distinguant d’autres principes modernistes prĂ©pondĂ©rants de son Ă©poque. Il s’agit d’un exemple exceptionnel de crĂ©ation d’espaces publics, d’édifices et d’espaces verts selon la vision d’un seul architecte, dans le cadre temporel et spatial limitĂ© d’une ville existante et avec des ressources limitĂ©es.

Latin America and the Caribbean 4

Pérou
Ensemble archéoastronomique de Chanquillo
Pérou
Cultural

L’ensemble archĂ©oastronomique de Chanquillo est un site prĂ©historique (250-200 av. J.-C.) situĂ© sur le littoral centre-nord du PĂ©rou, dans la vallĂ©e de Casma, comprenant un ensemble de constructions dans un paysage dĂ©sertique qui, associĂ© Ă  des Ă©lĂ©ments naturels, fonctionnait comme un instrument calendaire, utilisant le soleil pour dĂ©terminer les dates tout au long de l’annĂ©e. Ce site comprend un ensemble Ă  triple enceinte implantĂ© au sommet d’une colline, appelĂ© le temple fortifiĂ©, deux ensembles de bĂątiments appelĂ©s observatoire et centre administratif, 13 tours de plan carrĂ© alignĂ©es sur la crĂȘte d’une colline et le Cerro Mucho Malo, repĂšre naturel qui complĂšte le dispositif des 13 tours. Le centre cĂ©rĂ©moniel Ă©tait probablement dĂ©diĂ© Ă  un culte solaire, et la prĂ©sence d’un observatoire Ă  chacune des extrĂ©mitĂ©s de la ligne nord-sud des 13 tours permet d’observer Ă  la fois les points de lever et de coucher du soleil tout au long de l’annĂ©e. Ce site fait preuve d’une grande innovation en utilisant le cycle solaire et un horizon artificiel pour marquer les solstices, les Ă©quinoxes et toutes les dates de l’annĂ©e avec une prĂ©cision d’un Ă  deux jours. Il s’agit donc d’un tĂ©moignage de l’aboutissement d’une longue Ă©volution historique des pratiques astronomiques dans la vallĂ©e de Casma.

Chili
Peuplement et momification artificielle de la culture chinchorro dans la région d'Arica et de Parinacota
Chili
Cultural

Ce bien est constituĂ© de trois Ă©lĂ©ments constitutifs : Faldeo Norte del Morro de Arica et ColĂłn 10, tous deux situĂ©s dans la ville d’Arica, et Desembocadura de Camarones, situĂ© dans un cadre rural Ă  environ 100 km au sud. Ils tĂ©moignent d’une culture de chasseurs-cueilleurs marins qui ont rĂ©sidĂ© sur la cĂŽte nord, aride et hostile, du dĂ©sert d’Atacama, dans l’extrĂȘme nord du Chili, entre environ 5450 et 890 avant J.-C. Ce bien comprend les plus anciens tĂ©moignages archĂ©ologiques connus de momification artificielle des corps au monde, avec des cimetiĂšres recelant des corps artificiellement momifiĂ©s par l’homme et d’autres qui ont Ă©tĂ© prĂ©servĂ©s sous l’effet de facteurs environnementaux. Au fil du temps, les Chinchorros ont perfectionnĂ© des pratiques mortuaires Ă©laborĂ©es, dĂ©membrant et rĂ©assemblant systĂ©matiquement les corps des dĂ©funts (hommes, femmes et enfants) de tout le spectre social pour crĂ©er des momies « artificielles ». Ces momies possĂšdent des qualitĂ©s matĂ©rielles, sculpturales et esthĂ©tiques qui traduisaient probablement le rĂŽle fondamental des morts dans la sociĂ©tĂ© chinchorro. Des outils faits de matĂ©riaux minĂ©raux et vĂ©gĂ©taux ainsi que des instruments simples faits d’os et de coquillages qui permettaient une exploitation importante des ressources marines ont Ă©tĂ© dĂ©couverts dans ce bien, qui constitue un tĂ©moignage unique de la spiritualitĂ© complexe de la culture chinchorro.

Brésil
SĂ­tio Roberto Burle Marx
Brésil
Cultural

SituĂ© dans la rĂ©gion ouest de Rio de Janeiro, ce bien incarne la rĂ©ussite d’un projet Ă©laborĂ© pendant plus de 40 ans par l’architecte paysagiste et artiste Roberto Burle Marx (1909-1994), un « laboratoire paysager » pour crĂ©er des « Ɠuvres d’art vivantes » utilisant des plantes indigĂšnes et s’inspirant des idĂ©es modernistes. Créé en 1949, ce bien comprend des vastes paysages, des jardins, des bĂątiments et des collections qui prĂ©sentent les principales caractĂ©ristiques qui ont dĂ©fini les jardins paysagers de Burle Marx et influencĂ© le dĂ©veloppement des jardins modernes au niveau international. Le site est caractĂ©risĂ© par des formes sinueuses, des plantations en masses exubĂ©rantes, des agencements architecturaux de plantes, des contrastes de couleurs spectaculaires, l’utilisation de plantes tropicales et l’intĂ©gration d’élĂ©ments de la culture populaire traditionnelle. À la fin des annĂ©es 1960, le site abritait la collection la plus reprĂ©sentative de plantes brĂ©siliennes, ainsi que des espĂšces tropicales rares. Au sein du site, les 3 500 espĂšces de flore tropicale et subtropicale cultivĂ©es vivent en harmonie avec la vĂ©gĂ©tation indigĂšne de la rĂ©gion, notamment le biome de la ForĂȘt Atlantique et les Ă©cosystĂšmes associĂ©s, la mangrove et la restinga (plaine sablonneuse cĂŽtiĂšre tropicale). SĂ­tio Roberto Burle Marx rĂ©vĂšle une conception Ă©cologique de la forme incluant une collaboration sociale qui est Ă  la base de la prĂ©servation de l’environnement et de la culture. Il comprend le premier jardin tropical moderne Ă  ĂȘtre inscrit sur la Liste du patrimoine mondial.

Uruguay
L’Ɠuvre de l’ingĂ©nieur Eladio Dieste : Église d’AtlĂĄntida
Uruguay
Cultural

L’église d’AtlĂĄntida, avec son clocher et son baptistĂšre souterrain, se dresse Ă  EstaciĂłn AtlĂĄntida, Ă  45 km de Montevideo. InspirĂ© par l’architecture religieuse palĂ©ochrĂ©tienne et mĂ©diĂ©vale italienne, cet ensemble ecclĂ©sial moderniste inaugurĂ© en 1960 reprĂ©sente une utilisation novatrice de la brique apparente et armĂ©e. L’église de plan rectangulaire possĂšde une unique salle, avec des murs latĂ©raux ondulants qui supportent une toiture, dĂ©crivant Ă©galement des courbes, composĂ©e d’une succession de voĂ»tes gaussiennes, toutes en maçonnerie de briques armĂ©es conçue par Eliado Dieste (1917-2000). Le clocher cylindrique s’élĂšve Ă  droite de la façade principale et est construit en maçonnerie ajourĂ©e de briques apparentes, tandis que le baptistĂšre souterrain, situĂ© sur le cĂŽtĂ© gauche du parvis, est accessible depuis une entrĂ©e triangulaire prismatique et Ă©clairĂ© par un oculus central. Cette Ă©glise constitue un exemple Ă©minent des rĂ©alisations formelles et spatiales remarquables de l’architecture moderne en AmĂ©rique latine au cours de la seconde partie du XXe siĂšcle, incarnant la recherche de l’égalitĂ© sociale avec une utilisation Ă©conome des ressources tout en rĂ©pondant aux impĂ©ratifs structurels avec un grand effet esthĂ©tique.